
La premiĂšre journĂ©e du CSEC a Ă©tĂ© marquĂ©e par 3 sujets majeurs : la gestion de lâĂ©pisode caniculaire, la poursuite des travaux sur les GRN et lâĂ©volution de lâoffre de formation ainsi que lâouverture de la consultation sur les orientations stratĂ©giques dĂ©coulant du COP 2026-2029.
Canicule : une direction qui rĂ©agit plus quâelle nâanticipe
DĂšs lâouverture de sĂ©ance, plusieurs organisations syndicales sont revenues sur les difficultĂ©s rencontrĂ©es, notamment dans les centres, face aux fortes chaleurs.
La CGT a dĂ©noncĂ© le dĂ©calage entre les obligations dĂ©sormais renforcĂ©es de lâemployeur et les rĂ©ponses concrĂštes apportĂ©es sur le terrain. Elle a rappelĂ© que certains sites sont identifiĂ©s depuis des annĂ©es comme de vĂ©ritables « bouilloires thermiques » et a interrogĂ© la direction sur les investissements rĂ©alisĂ©s, lâefficacitĂ© des mesures prĂ©vues dans les DUERP, les amĂ©nagements dâhoraires et la mise en place du tĂ©lĂ©travail exceptionnel comme moyen de prĂ©vention.
Les rĂ©ponses de la direction sont restĂ©es gĂ©nĂ©rales : des consignes auraient Ă©tĂ© passĂ©es, des bĂątiments nĂ©cessitant des investissements auraient Ă©tĂ© identifiĂ©s et lâĂtat se serait engagĂ© Ă soutenir certains travaux. Dans les faits, plusieurs Ă©lus ont soulignĂ© lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des pratiques et lâabsence de mesures simples pourtant rĂ©clamĂ©es localement (fontaines Ă eau rĂ©frigĂ©rĂ©es, adaptation des organisations de travail, etc.).
Cette sĂ©quence a illustrĂ© une difficultĂ© rĂ©currente de lâAfpa : les problĂšmes sont connus mais les rĂ©ponses restent imprĂ©cises (pas de calendrier, aucun plan dâactionâŠ), tardives ou insuffisamment coordonnĂ©es.
GRN et Ă©volution de lâoffre
La direction a poursuivi la prĂ©sentation des travaux engagĂ©s depuis prĂšs de deux ans sur les GRN et la cartographie de lâoffre.
Officiellement, aucun GRN ne serait visé par une fermeture nationale. La direction affirme travailler à la bonne adéquation entre les besoins des territoires et les produits de formation proposés.
Cependant, derriÚre ce discours, plusieurs éléments confirment une logique de rationalisation économique :
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- analyse systématique de la rentabilité des produits ;
- mise en sommeil possible de certaines formations ;
- réorientation des moyens vers les activités jugées les plus porteuses ;
- recherche de diversification commerciale et de dĂ©veloppement de lâalternance.
La direction souhaite Ă©galement Ă©viter la crĂ©ation de « zones blanches », c'est-Ă -dire de territoires oĂč certaines formations disparaĂźtraient complĂštement, privant les publics d'une offre de proximitĂ©. Cette prĂ©occupation figure d'ailleurs parmi les risques identifiĂ©s par la direction elle-mĂȘme dans sa dĂ©marche.
La CGT a interrogé la direction sur les garanties concrÚtes apportées au maintien de ce maillage territorial, ainsi que sur les conséquences pour les formateurs lorsque des formations sont mises en sommeil ou réorientées.
Les rĂ©ponses obtenues sont restĂ©es prudentes. Si la direction assure qu'il n'existe pas de plan national de fermeture de GRN, elle confirme nĂ©anmoins que certains produits seront arrĂȘtĂ©s tandis que d'autres seront créés ou redĂ©ployĂ©s.
Une rĂ©ponse qui laisse entiĂšre la question de l'Ă©quilibre de l'offre sur les territoires et lâavenir des salariĂ©s concernĂ©s !
La CGT a Ă©galement dĂ©noncĂ©, via  notre dĂ©claration, le refus dâexĂ©cuter un marchĂ© attribuĂ© dans les Hauts-de-France sur les mĂ©tiers du nuclĂ©aire alors mĂȘme que lâAfpa communique publiquement sur ses partenariats dans ce secteur. Cette contradiction nâa pas reçu de rĂ©ponse.
Au final, la direction continue de prĂ©senter ces travaux comme une adaptation aux besoins Ă©conomiques des territoires. Pourtant, les critĂšres financiers demeurent omniprĂ©sents dans les explications fournies. LĂ encore, les rĂ©ponses restent gĂ©nĂ©rales et lâincertitude demeure.
Direction Marketing et Développement
La présentation de la nouvelle Direction nationale Marketing et Développement a suscité de nombreuses questions.
La CGT a notamment pointé :
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- le fort turnover des commerciaux ;
- les consĂ©quences de la rĂ©organisation sur lâemploi ;
- les éventuelles transformations de postes ;
- le maintien de lâaccueil physique des publics les plus fragiles.
La direction met en avant une logique dâintĂ©gration entre les activitĂ©s BtoB (relations avec les entreprises et les grands comptes) et BtoC (relations directes avec les particuliers et les futurs stagiaires), le renforcement du pilotage des grands comptes et un important chantier de refonte du site afpa.fr.
La CGT est intervenue en rappelant que la refonte du site afpa.fr relevait davantage du vieux serpent de mer que de la véritable nouveauté, tant ce projet est annoncé depuis plusieurs années.
Plus surprenant encore, l'un des objectifs affichés consiste à faire progresser la note Google de l'Afpa... de 3,9 à 4 sur 5. Pour y parvenir, la direction explique vouloir augmenter le nombre d'avis positifs recueillis lors des Journées Portes Ouvertes afin de « diluer » les avis négatifs. Une stratégie qui relÚve davantage de la mécanique des algorithmes que d'une réflexion sur les causes réelles de l'insatisfaction.
La CGT a fait part de ses rĂ©serves face Ă cette approche. L'image de l'Afpa ne s'amĂ©liorera pas par un simple jeu de moyennes statistiques ou de dĂ©cimales supplĂ©mentaires. Elle dĂ©pend avant tout de la qualitĂ© rĂ©elle de l'accueil â notamment de l'accueil physique, alors mĂȘme que les postes dĂ©diĂ©s continuent d'ĂȘtre supprimĂ©s dans les centres â, des conditions de formation, de l'accompagnement des publics et des moyens donnĂ©s aux salariĂ©s pour exercer correctement leur mĂ©tier.
Orientations stratĂ©giques : beaucoup dâintentions,
trÚs peu de réponses
Le principal temps fort de la journĂ©e concernait la prĂ©sentation des orientations stratĂ©giques dĂ©coulant du Contrat dâObjectif et de Performance (COP).
La CGT a rappelĂ© quâelle avait Ă©tĂ© la seule organisation Ă voter contre le COP et a soulignĂ© comme elle lâavait Ă©crit dans son tract, lâinsuffisance du document prĂ©sentĂ© :
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- absence dâobjectifs chiffrĂ©s ;
- absence dâindicateurs ;
- absence de calendrier précis ;
- absence dâĂ©valuation des consĂ©quences sociales ;
- absence dâĂ©lĂ©ments concrets sur les restructurations annoncĂ©es.
Nous avons dĂ©noncĂ© un projet qui confirme le rĂ©trĂ©cissement progressif de lâAfpa. Et, derriĂšre les formules sur la pĂ©rennitĂ© de lâagence, plusieurs orientations apparaissent clairement :
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- retour Ă lâĂ©quilibre financier en 2029 ;
- dĂ©veloppement de lâalternance ;
- renforcement de la présence sur les marchés concurrentiels ;
- réorganisation du réseau ;
- réduction des charges de structure ;
- spécialisation accrue de certains centres...
Un moment particuliÚrement révélateur est intervenu lorsque le DG Adjoint a déclaré :
« Le rĂ©trĂ©cissement de lâAfpa est dĂ©jĂ lĂ , on peut le dĂ©plorer mais câest comme ça. »
Cette phrase rĂ©sume probablement mieux que tout le reste lâĂ©tat dâesprit qui sous-tend le projet prĂ©sentĂ©. La direction affirme que les Ă©lĂ©ments chiffrĂ©s viendront Ă lâautomne⊠ou fin de lâĂ©tĂ©.
La CGT a de nouveau alerté sur plusieurs risques :
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- recul de lâaccĂšs Ă la formation pour les publics les plus Ă©loignĂ©s de lâemploi ;
- affaiblissement du maillage territorial ;
- poursuite de la rĂ©duction de lâempreinte immobiliĂšre ;
- dégradation des conditions de travail ;
- dĂ©veloppement dâune logique de rentabilitĂ© incompatible avec certaines missions de service public.
La direction nâa pas apportĂ© de rĂ©ponse prĂ©cise sur les moyens rĂ©ellement obtenus auprĂšs de lâĂtat ni sur les garanties apportĂ©es aux salariĂ©s.
DerniÚre minute : lors du Conseil d'Administration (CA) du 30 juin, le Directeur général a annoncé qu'il présenterait son projet économique global à la rentrée. En conséquence, se rajoutent le 15 septembre un CA le matin et, dans la foulée un CSEC Extra l'aprÚs-midi
SAGA et DSI : des avancées plus concrÚtes
à l'inverse des débats stratégiques, les échanges consacrés à SAGA ont été plus concrets et opérationnels.
Le déploiement progressif du projet, brique par brique, semble désormais s'inscrire dans une trajectoire stabilisée. Les expérimentations menées, notamment à Brive et au Havre, sont présentées comme encourageantes.
La CGT a indiqué que cette méthode de déploiement progressif lui paraissait plus pertinente qu'un basculement généralisé en une seule fois. AprÚs l'expérience particuliÚrement difficile de FINA, cette approche graduelle apparaßt de nature à mieux accompagner les équipes et à limiter les risques.
Concernant le rattachement des RIR à la DSI nationale, les objectifs affichés d'harmonisation des pratiques et de clarification des responsabilités semblent aller dans le bon sens.
La CGT a toutefois rappelé qu'elle jugerait cette réorganisation à ses effets concrets sur le terrain : si les premiers concernés, les salariés, y trouvent réellement un meilleur fonctionnement et un appui renforcé, alors cette évolution constituera une avancée.
Enfin, la CGT a demandé que le futur catalogue de services de la DSI, dans une version accessible et compréhensible par tous, soit testé auprÚs des utilisateurs avant son déploiement, afin d'éviter la mise en place d'un nouvel outil conçu sans prise en compte des usages réels
CSEC â sĂ©ance du 25 juin 2026 (matin)
La matinée s'est ouverte par la présentation par la direction des premiers résultats du baromÚtre social réalisé par le prestataire Zest avec un taux de participation de 59 %. (3 390 répondants sur 5 737 salariés sollicités).
La direction s'est ensuite livrée à un véritable exercice de « chiffres à la volée », en enchaßnant les statistiques... mais sans remettre le moindre document aux élus du CSEC. à défaut d'un document de travail, les élus auront au moins pu exercer leur mémoire immédiate pour tenter de retenir la succession de pourcentages...
Un exercice frustrant qui ne permet ni de vérifier les données, ni d'en analyser sereinement les enseignements, ni de débattre de maniÚre réellement constructive.
Les principales informations présentées par la direction mettent en évidence un malaise déjà largement identifié :
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- Moins de 4 salariĂ©s sur 10 recommanderaient de travailler Ă l'Afpa alors quâils montrent majoritairement un attachement profond Ă lâagence;
- 73 % s'interrogent sur leur avenir ;
- 63 % jugent la stratégie de l'Afpa peu lisible , voire incomplÚtes ;
- les perspectives d'évolution professionnelle restent faibles ;
- les relations entre collĂšgues demeurent en revanche un point fort.
La CGT a regretté une restitution trÚs partielle, et a demandé qu'une analyse beaucoup plus approfondie soit réalisée dans un point spécifique du prochain CSEC.
NDLR : Les chiffres annoncĂ©s oralement n'ayant aucun caractĂšre "contractuel", il ne reste plus qu'Ă espĂ©rer que chacun ait pris les mĂȘmes notes et que ceux que nous avons pu rĂ©cupĂ©rer soient les bons⊠!
En attendant, la CGT a de nouveau interrogé la direction sur :
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- l'exploitation des verbatims ;
- les plans d'actions envisagés ;
- l'articulation avec le Document Unique et la prévention des risques psychosociaux ;
- le coût du dispositif (13 000 ⏠pour cette premiÚre vague) ;
La direction annonce une restitution aux salariĂ©s dĂ©but juillet et que ce sondage « baromĂštre » sera de nouveau mis en place lâannĂ©e suivante.
Ce point sâest clĂŽturĂ© sans quâaucun plan dâactions correctif de la direction nâait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© au CSEC.
Communication de la direction : les rumeurs voyagent parfois plus vite que les informations
La CGT est intervenue pour dĂ©noncer une mĂ©thode de communication qui interroge. Alors que le CSEC est prĂ©cisĂ©ment l'instance chargĂ©e d'ĂȘtre informĂ©e et consultĂ©e sur les Ă©volutions de l'Afpa, certaines annonces semblent dĂ©sormais circuler d'abord au dĂ©tour de visites en rĂ©gion.
La CGT a rappelé qu'en période de profondes transformations, le respect du dialogue social n'est pas une option mais une nécessité.
à force de distiller des informations ici ou là , sans qu'elles soient présentées officiellement aux représentants du personnel, il ne faut pas s'étonner que les rumeurs prennent ensuite le relais. La meilleure façon de lutter contre les inquiétudes reste encore de communiquer clairement, au bon endroit et au bon moment.
Comptes 2025 et situation Ă fin mars 2026 : toujours aucune perspective de rebondÂ
La présentation des comptes confirme les inquiétudes exprimées depuis plusieurs mois.
L'exercice 2025 se clĂŽt sur un chiffre d'affaires historiquement bas (511 MâŹ), consĂ©quence d'une forte diminution de l'activitĂ©.
Au premier trimestre 2026, si les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es sur les dĂ©penses de fonctionnement atteignent prĂšs de 10 MâŹ, aucun vĂ©ritable rebond du chiffre d'affaires n'apparaĂźt.
Nous avons souligné que la réduction des charges ne pouvait constituer, à elle seule, une stratégie de redressement.
La CGT a rappelĂ© que certains indicateurs prĂ©sentĂ©s pouvaient ĂȘtre trompeurs, notamment lorsqu'ils excluent les alternants des effectifs, et a interrogĂ© la direction sur plusieurs facteurs explicatifs de la baisse d'activitĂ©.
La direction reconnaßt les difficultés mais continue d'afficher un objectif de retour à l'équilibre en 2029, sans apporter d'éléments nouveaux sur les leviers permettant d'y parvenir.
Les habituĂ©s du prĂ©cĂ©dent COP auront peut-ĂȘtre un lĂ©ger sentiment de dĂ©jĂ -vu... Cette fois encore, le cap est annoncĂ© ; il reste Ă dĂ©montrer que les moyens permettront rĂ©ellement de l'atteindreâŠ
Santé au travail : des indicateurs qui continuent de se dégrader
La prĂ©sentation du bilan social de lâannĂ©e 2025 confirme plusieurs Ă©volutions prĂ©occupantes.
Parmi les principaux chiffres :
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- augmentation de 13 % des accidents du travail ;
- 393 accidents dĂ©clarĂ©s, dont 142 avec arrĂȘt ;
- prÚs de 487 équivalents temps plein perdus en raison des absences ;
- multiplication des démissions, notamment parmi les encadrants ;
- baisse des dépenses consacrées à l'amélioration des conditions de travail.
La CGT a demandĂ© quelles analyses et quels plans d'actions la direction entend mettre en Ćuvre face Ă cette dĂ©gradation. Les rĂ©ponses apportĂ©es sont restĂ©es trĂšs limitĂ©es, la direction reconnaissant ne pas disposer, Ă ce stade, d'explications prĂ©cises.
Le CSEC a par ailleurs annoncé recourir à une expertise du bilan social 2025. Le vote de recours à un expert aura lieu le vendredi 3 juillet 2026, dans la continuité de cette séance.
Enfin, le CSEC sâest emparĂ© de lâintervention de la CSSCTC qui sâest tenue le 10 juin, concernant les conditions de travail pour en faire une dĂ©claration dâalerte de lâensemble des Ă©lu-es.
Information/consultation sur le PEE / PERCOL : un avis négatif du CSEC
Le CSEC devait rendre son avis sur le projet de mise en place d'un dispositif d'Ă©pargne salariale. Pour rappel la direction avait nĂ©gociĂ© un accord collectif qui nâavait recueilli aucune signature des organisations syndicales.
CotĂ© pratique, la direction a lâobligation lĂ©gale de recueillir lâavis du CSEC.
La CGT a rendu un avis défavorable et a rappelé que ces dispositifs (voir déclaration ICI):
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- ne constituent pas du salaire ;
- ne génÚrent pas de cotisations sociales ;
- ne répondent pas aux attentes exprimées par les salariés ;
- ne présentent pas le caractÚre solidaire attendu.
RĂ©sultat du recueil dâavis : La CGT, FO et Sud ont votĂ© contre tandis que la CFDT et la CFE-CGC se sont abstenues. Lâavis du CSEC est nĂ©gatif (Rappel : Lâabstention Ă©quivaut Ă un avis nĂ©gatif)
Ayant rempli ses obligations lĂ©gales de consultation et malgrĂ© lâavis dĂ©favorable de lâensemble du CSEC, la direction appliquera ce dispositif unilatĂ©ralement.
Prochain CSEC ordinaire : Â 16 et 17 septembre 2026
Prochain Conseil dâAdministration : Â 8 octobre 2026